mercredi 30 décembre 2009

Prix à débattre

Pas plus tard qu'il y a deux jours, j'ai lu dans l'édito de Siné Hebdo du 23 décembre que Brice Hortefeux vient de recevoir un prix de la "lutte contre le racisme et l'antisémitisme". Réaction sur Rue 89.
Alors voilà, avec une telle nouvelle qui tombe le 28 décembre, ça augure mal pour 2010 !

Donc je propose de se rattrapper avec les deux liens suivants :

- un article sur le prix nobel d'économie qui est cette année commun à un homme et une femme, la première à le recevoir d'ailleurs. Le prix récompense leurs travaux sur les Biens Communs. Je n'aurai pas la prétention d'expliquer de quoi il s'agit, l'article le fait très bien.
D'autres théories économiques sont donc mises en avant par les Nobels d'économie, ce qui est peut être un espoir...

- un blog, intitulé la lettre du lundi dont j'ai reçu un message récemment. Au prix d'un petit effort du doigt sur le lien, on peut lire des analyses bien argumentées sur la politique économique actuelle.

Pour le reste, bonnes fêtes à tous.

Les 100 000 façons de tuer quelqu'un...

Bien sûr personne n'en parle, sauf les petites radios ou les feuilles de choux locales, parce que ça se passe là-bas, loin, à l'autre bout d'un coin perdu dans le Médoc, dans cette terre où personne ne se rend et que tout le monde quitte.
La campagne et ses problèmes qui ça intéresse? En temps normal tout le monde se contrefout des péquenots et de leurs galoches boueuses, alors entre deux réveillons, on a vraiment autre chose à faire que de se sentir concerné par la disparition des services publics en pleine pampa.
Et pourtant, après la fermeture du tribunal d'instance de Lesparre-Médoc, c'est l'agence Orange-France-Télécom qui plie boutique et envoie son personnel travailler sur Bordeaux.
Prendre le train ou la voiture pour deux heures de trajet aller et idem pour le retour; se taper 140 bornes par jour, se lever plus tôt et rentrer plus tard que la moyenne, devoir raquer un abonnement SNCF ou des pleins d'essence qui ne sont pas donnés; ne plus pouvoir aller chercher les enfants à l'école ou bien faire les courses le soir, être fatigué le matin et fatigué le soir, devoir réorganiser tout un mode de vie... au nom de la rentabilité, la vie est belle!
Quant aux paysous du coin, lorsqu'ils voudront se pacser ou régler un problème téléphonique, ils feront comme les autres, ils prendront le train ou la voiture, et ça fera tourner le commerce!
C'est ce qu'on appelle un plan de relance! Finalement l'économie de droite c'est assez simple à comprendre.


jeudi 17 décembre 2009

J'aurais juste le temps de m'énerver deux minutes

... et de passer pour un petit merdeux qui fout la pagaille partout!



Mais c'est ça qu'on aime, parce que parfois la colère est saine et justifiée.
Daniel, bientôt 24 ans que personne n'a pris le relais de son franc-parler, et franchement ça manque. Pour moi, ça reste un mec qui en avait et qui allait au charbon, mouiller le maillot.
Et j'ai suivi récemment une émisssion qui expliquait comment ce coup de gueule a fortement influencé Mitterrand pour la campagne de 1981... Faut pas croire, mais ça a été quelque chose 1981, les radios libres etc.... et on le doit à des gens qui à un moment ont poussé une bonne gueulante.
Maintenant on a le clip UMP pour changer le monde, sauver l'amour, tout ça....

mardi 15 décembre 2009

Be a Beatle!

Mon plus grand rêve est de voir jour Paul Mac Cartney en concert, c'est aussi mon plus grand regret, car à chacun de ses concerts à Paris, soit j'étais encore lycéenne, soit je bossais et je n'ai jamais pu trouver le moyen de me déplacer.
Et maintenant ça devient un peu tard pour voir le dernier des Fab Four sur scène, à bientôt 68 ans...
Mais si les quatre de Liverpool sont désormais non-réunissables pour l'éternité, à cause de John et de Georges qui sont partis en ballade sans prévenir et bien trop tôt, il nous reste encore, à nous autres fans beatlesmaniaques, les différents groupes de musiciens amateurs qui rendent hommage à ce merveilleux groupe.
Et le meilleur d'entre eux c'est le groupe des Rabeats.
J'en entends parler depuis un bail, et si vous regardez les vidéos, vous verrez que tout y est: le tempo, les roulements de batterie de Ringo, les voix très ressemblantes aux variations près et même les hurlements hystériques des filles au premier rang!
C'est génial de voir comment ces mecs passionnés par un groupe ont réussi le pari de devenir des musiciens accomplis! Il y en a tant qui s'escriment sur leurs guitares, qui achètent les Grescht ou les Les Paul identiques afin de retrouver le même son, certains chinent même des amplis d'origine dans les brocantes! Je trouve ça très sympa d'esprit, c'est ce que contient en germe la musique des Beatles: quel que soit l'album, quelle que soit la chanson, cette musique nous fait vibrer et nous donne de l'élan, c'est un vrai moteur de motivation!
Les Rabeats sont en concert dans ma ville au mois de février et j'ai vraiment envie d'aller les voir! J'ai envie de participer à cet hommage, envie d'être au milieu d'une foule de tous âges qui reprend à l'unisson des chansons que je connais par coeur et que je ne chante que pour moi dans ma salle de bain... :-)
Pour le plaisir et pour la musique qui a changé la musique!
Yeah! Yeah! Yeah!

samedi 12 décembre 2009

Esprit de Noël est-tu là?

Ha mon Dieu, les grandes réjouissances se préparent à coup de tartines de foie gras, de coupes de champagne et de guirlandes clignotantes aux balcons de ma résidence...
J'ai bien envie de faire un billet purement gratuit et inutile, histoire de déverser ma verve acerbe dans un espace public et de me faire mousser en ces lieux de gloriole webesque éphémère autant que vaine...
En revenant de chez le coiffeur, j'ai traversé une place pour me rendre dans un fast-food notoire sans mauvaise conscience, en oubliant que la semaine dernière j'avais acheté du chocolat sans OGM pour aider une coopérative paysanne de la Terre de Feu.
Sur la place un mini-attroupement: quelques gonzos en blousons noirs vaguement militaires avec des keffiés élimés autour du cou et quelques nénettes en baggys avec des tresses et des bonnets péruviens made in H&M, se traînaient là, qui tenant une banderole "Fermons les centres de rétention!", qui tapant sur l'inévitable djembé révolutionnaire, qui gueulant dans un porte-voix de courte distance "RDV à la place machin bidule pour retrouver le collectif des sans-papiers". Ils étaient si peu nombreux que je me suis demandée comment ils faisaient pour ne pas se sentir ridicules? Je suis entrée dans le fast-food en méditant de sombres pensées sur l'alter-mondialisme du samedi après-midi avant les partiels de janvier...
Un peu plus tard, une fois ma dose de mauvais cholestérol nimbée de ketchup engloutie, je me suis faufilée par une rue transversale pour rentrer plus rapidement chez moi (autrement dit j'ai emprunté un raccouci). Et c'est là que je LES ai vus. ILS étaient là. Bien emmitouflés dans leurs vestons capitonnés, bien au chaud dans leurs bottines fourrées, bien à l'abris sous leurs cache-nez: les cathos.
Les cathos me sont tombés sur le râble au détour du chantier de mon quartier en rénovation, et encore une fois de plus je me dis "Mais pourquoi moi commandant Cousteau?".
De loin j'avais calculé ce groupe de vieux avec des papelards dans les mains, en me demandant ce qu'ils pouvaient bien tracter, parce qu'ils n'avaient rien à voir avec les apprentis rebelles croisés auparavant.
Et inévitablement une vieille bien coiffée avec son serre-tête dans les cheveux, a pris contact avec ma pomme. Faut dire qu'il n'y a rien de tel que les gens de droite ou les cathos pour aller au contact, faut leur reconnaître ça, ils sont motivés et ils foncent.
J'ai décidé de la jouer cool et d'appliquer mes grands principes de tolérance attitude. La vieille m'a filé son papier en m'invitant la messe de Noël à l'église du quartier et je lui ai répondu avec mon plus beau sourire, qu'elle était bien gentille, mais que je n'étais pas croyante et que donc je n'allais pas à l'église.
Stupéfaction! Choc! Incrédulité! se sont tour à tour dessinés dans son regard et sur le visage du type qui l'accompagnait. Je ne les aurais pas étonnés davantage en marchant sur la Garonne ou en multipliant mes tickets de tram. Le type m'a questionnée, n'en revenant pas "Vous n'êtes pas croyante du tout?". Je lui ai dit que non, que j'étais athée et totalement convaincue de l'inexistance de qui que ce soit ou quoi que ce soit.
Ils ont commencé à me taper la tchatche, et le gonze a voulu savoir en quoi je croyais. Je lui ai dit que je croyais en l'Homme, en l'entraide et en la solidarité humaine en dehors de toute intervention divine. Il était scié. Il m'a dit que tout de même ça devait être dur parce qu'après la mort, alors, il n'y a plus rien (sic). Je lui ai dit que ça ne me dérangeais pas, que je pensais que nous étions "de passage" (et toc) sur cette terre, que c'était ce que disait la Bible d'une certaine façon (re toc) d'après ce que je me souvenais de l'Evangile de Saint Jean (et re re toc). Le type a ouvert la bouche comme un poisson hors de l'eau, la nana m'a fixée comme si j'étais une extra-terrestre.
Je les ai achevés en leur disant que de toute façon croyants ou pas, il n'y avait aucune raison que nous ne soyions pas tous unis et solidaires pour rendre ce monde meilleur. A quoi ils ont obtempérés en opinant fortement de la tête avec de grands sourires sympas en me disant que oui que oui que oui sans trouver autre chose, car ils ne s'attendaient pas à ce qu'une mécréante comme moi leur sorte leurs propres arguments! Ha! Ha! C'est imparable!!!! Je suis démoniaque.
J'ai profité de leur manque de réaction pour tracer et me réfugier dans l'entrée de mon immeuble.
Et là, rebelotte, je tombe sur une autre équipe du staff cathos-missionnés-de-dieu-au-sourire-sympa: putain ils avaient stratégiquement investi tout le quartier!!!!
Dans le hall c'était la pagaille, car mes deux voisines du quatrième étage avaient récupéré des étagères balancées par d'autres habitants des immeubles neufs qui viennent d'être aménagés (vous suivez?). Bref il fallait slalommer entre les étagères, les voisines et les deux cathos femelles pour parvenir à l'ascenseur. Et grâce à ma grande chance, j'y suis montée avec les deux cathos, dont l'une me tenait le crachoir pour sa messe en souriant de toutes ses dents. J'ai encore gentiment refusé, et en arrivant à mon étage, comme elle me parlait encore des meubles que mes voisines avaient récupérés, et que c'était bien, et que c'est bête de jeter etc etc, je lui ai dit que tout allait bien, puisque l'esprit de Noël soufflait sur la résidence! Alors elle m'a dit que je ne pouvais pas dire mieux, que j'avais tout parfaitement compris et que je devais en savoir des choses en fait (sous entendu malgré le fait que tu sois une pauvre hérétique qui brûlera en enfer après ta mort). Sur quoi je lui a dit que oui, et je me suis précipitée dans mon appart'.
Là, j'ai regardé mon chat, et j'ai mesuré l'effort infernal de tolérance que je venais de faire face à cette attaque de cathos. Ouaip, j'avais relevé le défi, réussi l'épreuve envoyée par le ciel grisâtre de ce jour de décembre, j'avais fait face à la tentation et résisté à la débauche de paroles incendiaires qui viennent d'habitude à mon esprit malsain en ces circonstances.
C'est que je suis maline. Oué je t'ai eu dieu, dans ta face mec!
Maintenant je me dis que je devrai fonder une secte et que ça a des chances de devenir très lucratif surtout avec ma super devise "tolérance attitude" imprimée en blanc sur des tee-shirts bleu-ciel. Mais bon tous ces gens avec ce sourire sympa figé, ça me file la gerbe à force, alors je ne sais pas si je tiendrai la distance. En tous cas je ne tiendrai pas aussi longtemps que le pingouineau!