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dimanche 29 avril 2012

Le monde est Stone...

Hé ouais, c'est fini l'Aventura, tout comme Capri et la bronzette sur le yacht des copains...
Si on en croit la sainte trinité des sondages, les talonettes ne suffiront pas pour atteindre au sommet de l'état, cette fois, et du coup, quand il a lu les dernières publications, Charden a décidé de passer l'arme à gauche une bonne fois pour toutes.

Le monde de droite est stone, c'est moi qui vous le dit... Entre ceux qui voient venir le casse-gueule final et veulent sauver leur place aux prochaines législatives par des prises de position radicales (quitte à apporter de l'eau au moulin de leurs contradicteurs), ceux qui n'osent pas le dire mais le pensent très fortement tout bas, et ceux du Modem qui ne veulent pas vraiment avouer que leur programme est plus proche du PS que de l'UMP mais le font comprendre par des allusions fines autant que discrètes (Ah! l'art de la feinte, toute une culture de droite!), on a de quoi passer de bonnes heures de franche poilade.

Mais bon, on ne va pas faire pleurer dans les chaumières en marbre et en dorure sur la perspective d'une curée post-électorale des loups entre eux. On ne leur fera pas non plus le coup du mépris ou des slogans politico-publicitaires dont ils ont martelé le crâne des gens pendant cinq ans (au moins).
Le problème de cette droite libérale, qui a foncé tête baissée dans des idéologies à court terme, comme vers un nouvel eldorado, c'est tout simplement un problème de compréhension.
Il faut faire preuve de plus de pédagogie avec la droite, qui vraissemblablement ne comprend pas, ou alors très mal, ce que le peuple souverain tente de lui expliquer depuis une bonne quinzaine d'année, soit par des manifs, soit par des grèves, soit par les urnes. Il faut de réelles réformes à droite, des réformes nécessaires, des réformes indispensables même, afin de faire comprendre le message du peuple.

Et ma foi, il est temps aussi pour Notre Saigneur de tâter du congé parental, afin de rattraper les carences affectives dont les aînés de ses enfants ont souffert (on voit le résultat), en se consacrant pleinement à l'éducation de sa progéniture. Qui sait s'il ne va pas se mettre à fabriquer du pain, apprendre la méditation, travailler le Cri Primal, ou découvrir la cuisine macrobiotique en suivant l'exemple de John Lennon?
Mais attention à mettre le gilet pare-balles pour signer les autographes...

lundi 23 avril 2012

Barre à babord!

Plaisir de lire ce matin les titres des blogs amis ou auxquels nous sommes abonnées...
Plaisir de penser qu'au bout de cinq ans, l'espérance renait...
Plaisir de voir hier soir certaines mines déconfites sur les plateaux télés...

C'est rien que du plaisir et maintenant il faut transformer l'essai en virant à babord toutes!

Bonnes pensées à tous nos amis ici et là, proches ou lointains et à tous nos amis sur la toile!

dimanche 22 avril 2012

No pasara !


TOUS AUX URNES POUR VIRER LE NABO !


BON VOTE !

jeudi 9 février 2012

On est encore là...

Mais oui, on est encore là, même si notre présence sur la toile est plus discrète.
On bosse, on va de-ci de-là, on vit quoi!
En ce moment, gros coup de coeur pour l'album de Zebda "Second tour", qui tourne en boucle dans l'appart' et dans mon lecteur MP3. Energie, motivation et créativité intacte pour ce groupe qui me donne la pêche en ces jours de froid et de déshérance morale...
Et puis quelques films qu'on est allés voir avec mon compagnon, tout d'abord l'indispensable "Les nouveaux chiens de garde" et le magnifique "Tous au Larzac". De quoi se faire une bonne protection isolante contre la mesquinerie et le manque d'imagination.
Bon courage à ceux qui luttent et que 2012 nous apporte un joli mois de mai!

mercredi 23 février 2011

Retour à la terre

Séduite par ce reportage sur France 2 la semaine dernière, j'ai voulu adresser mes encouragements à un couple de jeunes agriculteurs qui se lancent dans un vaste projet alors qu'au départ, ils ne sont pas issus du monde agricole. 
Leur projet est de s'installer comme paysans boulangers en Hautes Pyrénées. Au-delà du projet agricole il y a toute une réflexion, liée à la capacité de prendre en main sa vie ,pour montrer que, oui, une autre façon de vivre et un autre monde sont possibles, en dehors des sentiers battus ou des pseudos valeurs que le système capitaliste actuel affiche en bannière, à chaque page de publicité télévisuelle....

Je renvoie d'abord à l'intégralité du reportage, diffusé lors du journal de treize heures de France 2.
Et ce site, pour d'autres informations plus centrées sur le projet des paysans boulangers. Il y a également une page facebook disponible sur le site.

Je vous invite à les encourager et à les soutenir!

mardi 30 novembre 2010

Indignez-vous partie 1

Record de ventes pour l’essai édité à Montpellier - Indignez-vous ! - France 3 Sud : actualités de l’Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot, Tarn & Garonne, Aude, Gard - France 3

Indignez-vous partie 2

Record de ventes pour l’essai édité à Montpellier - Indignez-vous ! - France 3 Sud : actualités de l’Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot, Tarn & Garonne, Aude, Gard - France 3

Indignez-vous!

Info sur un petit livre qui fait du bien  que j'ai apprise grâce à mon ami Gwenal.

Dans un livre publié par une petite maison d'édition, en train de détrôner les prêt-à-penser aux chevilles enflées, qui ne survivent que grâce à quelques couronnes ternies, quelques lauriers flétris, dont on les affuble pour continuer à perpétuer un jeu démodé,  un très vieil homme nous rappelle d'où nous venons...
La valeur n'attend pas le nombre des années... mais pourtant!
Ce très vieil homme ne court pas après les vaines décorations, les récompenses de salon, les applaudissements convenus de littérateurs stériles à force de vivre en autarcie, pour écrire et dire ce qui est nécessaire à l'Homme:  la volonté d'espérance, incarnée dans la capacité à s'indigner et à se mobiliser, pour transformer la force d'indignation en force de changement.
Paroles de valeurs hautement portées, fièrement portées, par un très vieil homme qui nous en remontre à tous, et qui nous indique qu'une autre voie à suivre fut possible, reste posible, sera possible, si nous nous donnons la peine d'emprunter le chemin escarpé du refus des évidences et de l'indignation humaniste.

samedi 16 octobre 2010

Imagination au pouvoir

Une vidéo dont j'ai pris connaissance par un ami (uniquement en anglais mais les dessins aident à comprendre) sur l'éducation, qui posent des questions essentielles...



Et un lien pour écouter une autre conférence de Ken Robinson, cette fois avec un sous titrage français.

lundi 17 mai 2010

Marie dans le métro

Au hasard des infos, je pioche cette initiative de Marie et découvre au fil de son blog, des inconnus, qui entrouvrent la porte de leur intimité, de leurs souvenirs, de leurs goûts, pour quelques instants, tour à tour fraternels, souriants, émouvants et toujours d'un enthousiasme communicatif. Merci Marie!

mardi 23 mars 2010

C'est toujours les mêmes qui s'y collent

Succès de la manif bordelaise... Beaucoup de monde à battre le pavé sous le soleil, beaucoup de professions représentées, et beaucoup du privé. Je n'ai pas pris de photos, mais le cortège était long et ce soir on dit que les participants étaient autour de 35000, ce qui me semble assez juste.
Et toujours les mêmes têtes qui sont toujours là, à la moindre mobilisation.

J'arrive un peu à la bourre, après le départ du cortège, mais ça piétine lentement, alors j'en profite pour garer mon vélo et remonter à pied la foule.
Ce sont les Atac qui ferment la marche avec les CNT comme d'hab' et j'ai vite fait de repérer Harribey, avec son béret, et ça me fait plaisir de le voir, petit pincement au coeur de complicité et de bons souvenirs dans cette asso...
Les enseignants sont juste devant, bien parqués chacun derrière les drapeaux de leurs syndicats: les profs ça aime marcher en troupeau, quoiqu'ils en aient. J'avise une nénette fagotée à la mode alter-eco, version boutique de créateur à 300 euros la jupe en coton recyclé, certainement une collègue d'art-pla... et plus loin un groupe de barbus-chevelus-chenus qui ont dû verser une larme à la mort de Jean Ferrat il y a une semaine... Et je me demande si moi aussi, j'ai bien une silouhette de prof de lettres identifiable au premier coup d'oeil, avec mon jean et ma veste en cuir achetée au fripes...

Pas mal de jeunes profs, en tous les cas plus que de coutume, dans cette assemblée bigarrée, rigolarde, bavarde, qui s'étire dans le cours Clémenceau. Est-ce dû aux départs en retraite de ces dernières années, ou  les jeunes profs se sentent un peu plus concernés pour venir manifester?
En tous cas, je ne vois aucune figure connue de mes collègues des trois dernières années, alors que j'ai travaillé dans le centre-ville et en proche périphérie... Ils n'ont certainement pas les mêmes problèmes que les collèges de banlieue et de campagne, qui sont venus eux, avec des banderoles...

Tiens, mais qui voilà? Mon prof de SVT quand j'étais en sixième, Monsieur Valdès! Les cheveux frisés ont blanchi, il porte des petites lunettes maintenant... Je me souviens de ses cours qui me terrorisaient en 6ème, et ensuite m'ont passionnée en 3ème, de sa gouaille et de ses " Alors, bilan de la manip'!!! "... Toujours là, dans les cortèges, toujours motivé. Ils sont quelques uns dans son groupe avec des tee-shirts blancs qu'ils ont tagués au feutre de couleur "Lycée Jaufré Rudel dit non au bac poubelle" un truc du genre. D'un coup il se retourne, me voit et me reconnait en me faisant un geste de la main qui veut dire "Je t'ai eue en classe toute petite". On se salue, il m'explique l'idée de sa femme à fabriquer ces tee-shirts, et comment son lycée rural maintient la mobilisation contre la réforme du bac.
Je poursuis ma promenade, je repère ça et là, des anciens collègues de promo de mes parents, militants associatifs à la ligue de l'enseignement ou autres, des têtes que je connais et qui sont à chaque fois présentes.

Et puis je finis par tomber sur mon collègue Pierre, à la retraite depuis trois semaines, mais qui est quand même venu. C'est le seul collègue de mon ancien collège du centre ville que je verrai. Entre deux blagues, on se raconte aussi nos vies. Avec Pierre, j'allais boire une bière le lundi après-midi après mes cours et il me contait ses malheurs, en se lamentant sur le fait que je ne voulais pas me marier ou que je sifflais dans la rue...
Je passe un peu de temps avec Pierre, dans ce cortège de marcheurs, au rythme des chants de guerre aux paroles assez pourries, plaquées sur des chansons connues (dont une de Jean Ferrat). C'est toujours la même nana du UDSNEUA (Union Des Syndicats Nombreux d'Enseignants Unitaires Amis) qui braille dans le micro avec une voix ultra-fausse des slogans que personne n'écoute. Bref, c'est quand même un peu la louse, mais elle y croit avec son micro en pleine rue...

Et oui, on a l'air un peu nases à marcher dans les rues sous nos bannières, à protester de façon vindicative avec des raccourcis parfois au niveau des raisonnements, qui ne servent peut-être pas nos combats... Les autres fédés dans autres professions font pareil, les cheminots avec leurs trompettes, les mecs du BTP avec leurs klaxons du stade, les gens des hôpitaux avec leurs blouses bleues... Les gueulards de la rue, on est là, on fait un peu de bruit pendant quelques heures...
Je me dis que j'ai grandi avec ça, alors ça me parait normal de protester, de la ramener, de faire grève, d'aller dans une manif, de signer des appels, des pétitions, d'assister à des réunions etc. etc. Et je comprends d'un seul coup que pour d'autres personnes c'est totalement étrange et inconnu, voire peut-être ça les rebute ou ça les dérange.

Je m'interroge brièvement sur le sens de l'expression "prendre parti" et sur le mot "choix", au milieu de ces gens qui marchent ensemble parce qu'ils pensent qu'être là, en ce moment, ça a du sens et de la valeur.
Si je n'avais pas eu cette éducation, peut-être que moi aussi, j'aurais douté de ce que peut signifier l'acte de voter. Peut-être que moi aussi, j'aurais trouvé saoûlant les débats politiques, je ne serais pas parvenue à me construire une idée (qui vaut ce qu'elle vaut), et du coup de guerre lasse au milieu de cette cacophonie, j'aurais préféré vivre sans me préoccuper de tout ça.

Mais non, tout ne se règle pas "à l'amiable" dans ce monde brutal. La démocratie, c'est une belle idée, mais ce n'est pas vrai qu'elle s'applique dans les faits. Il existe des textes de lois pour nous rappeler nos droits et nos devoirs, mais ça ne va de soi qu'on les respecte. Cela me semble une immense erreur de penser que les choses peuvent évoluer dans le bons sens d'elles-mêmes parce qu'il y a des lois, parce qu'on est dans une démocratie, parce qu'on est quand même "en France".

Je repars plus tard sur mon vélo en repensant à Monique, qui vient d'être réelue au conseil régional et qui est une de mes anciennes collègue du centre-ville. Elle aussi toujours dans les cortèges. Elle vient de passer trois mois sans solde pour faire la campagne. Impliquée dans les instances du collège où j'ai bossé un an, impliquée aussi au niveau syndical. Une femme de conviction qui est allée au bout de son raisonnement. Le terrain elle le connait, comme la plupart de ceux et celles qui étaient sur sa liste et pour qui j'ai voté. Des gens qui ont milité, qui sont passés par des assos que j'ai fréquentées. Pas des politicards. Ils ont monté leur liste comme un aboutissement de leurs engagements successifs. Et ils sont aujourd'hui élus, certes sur une liste qu'ils ont dû partager, mais au final, ils y sont au conseil régional. Ils vont avoir droit au chapitre et ils représentent un cetains nombre de mes idées, pas toutes, mais c'est déjà bien.
J'ai appris beaucoup de ces gens qui sont toujours dans les manifs: à faire un choix, à croire qu'on peut changer les choses effectivement, mais que c'est un travail de longue haleine, à ne pas se résigner, ne pas se démotiver, et à penser que la politique c'est un moyen d'action, c'est une source d'espoir. Et surtout, la politique, ça s'invente, ce n'est pas figé dans un appareil, tout le monde peut en faire et devenir actif.

Je vais dans ces manifs, et je vois toujours ces mêmes gens qui s'y collent, sans défaitisme, sans aigreur, des gens qui font preuve d'imagination, de créativité dans leur vie. Quand on discute avec eux on apprend beaucoup sur le plan humain, on voit la vie autrement.
Merci à tous.

dimanche 21 mars 2010

Back dans les bacs

Ouais ce soir on est back dans les bacs! Contact! Contact! :-)
(Quand je pense qu'il ya deux jours j'ai séché mes élèves de 3ème qui croyaient me coller en me balançant "jaguar gorgone" comme si j'ignorais de QUI il s'agissait ^^)

mercredi 17 mars 2010

Des idéaux toujours actuels...

Un document qui fut publié en 2004 et qui reste la source des motivations profondes qui nous animent, ma soeur et moi, et qui nous ont poussé à monter ce blog, après d'autres participations à d'autres actions.
Que notre geste, via ce média qu'est internet, paraisse ridicule, orgueilleux, vain ou stupide nous importe, au final, assez peu, en regard de l'immense chantier qui attend les gens de notre génération et ceux qui suivent, pour faire perdurer certains idéaux.
L'idée de base reste la même pour toutes les deux, après bientôt trois ans sur cet espace: faire ce qu'on peut, même si cela peut paraître de l'extérieur complètement inutile, pour ne pas accepter la situation actuelle dans le monde actuel.

L’appel des résistants
envoyé par mediavirus.

jeudi 4 mars 2010

Le degré zéro de l'humour

"On peut rire de tout mais pas avec tout le monde" disait M. Desproges dans la célèbre émisssion du Tribunal des flagrants délires.
Avait-il vraiment raison?

A l'époque, quand on écoutait les sketchs grinçants de Desproges, on se rendait bien compte qu'il pratiquait l'ironie, l'humour noir, le second degré, et que ses propos visaient en fait à dénoncer un certain nombre de nos défauts, de nos comportements inhumains, ou de nos préjugés.
Artiste "dégagé", refusant les étiquettes, Desproges n'en était pas moins un homme d'honneur qui n'a jamais parlé sans mesurer la portée de ses propos, car ce maître du langage en connaissait la redoutable efficacité: "à la fin de l'envoi, je touche".
Lorsque je relis ses textes, que je réécoute ses sketchs, je me rends compte que Desproges n'a jamais versé dans l'amalgamme facile, dans la vulgarité gratuite, dans un cynisme populiste qui lui aurait pourtant était si facile de préférer, tant la frontière est fragile, ténue, lorsqu'on s'aventure avec le langage sur le chemin de l'humour caustique. Cette forme de satire sarcastique requiert en fait beaucoup d'attention, beaucoup de sérieux, et se révèle un exercice difficile, que seuls peuvent réussir sans choir dans la médiocrité, les plus grands, les artistes véritables.
Mais Desproges est mort, croqué par la faucheuse, et une voix s'est tue depuis longtemps qui faisait résonner un autre son à nos oreilles conformistes.

Et dans cette époque de cacophonie disharmonique où chacun de nous cherche à parler plus fort que le voisin sans réaliser que nous bêlons tous en choeur, il est de bon ton, pour se distinguer de la masse moutonnière, de pratiquer cette forme d'humour que l'on nomme du "second degré".
Or, n'est pas Desproges qui veut.

J'entends et lis autour de moi, nombre de personnes, de personnalités, qui revendiquent de pratiquer le second degré en matière d'humour, mais malheureusement, il m'arrive rarement de rire d'aussi bon coeur à leurs petites formules, que lorsque j'écoute une saillie de Desproges.

De petites formules, oui, c'est bien la désignation qui résume ces propos sans éclat et sans esprit qui se disséminent aussi facilement dans l'air que les pompoms des pissenlits par un jour de grand vent....
De petites piques, assez souvent stériles, amenées avec de grosses ficelles, sans vraiment d'à propos, et inutiles, parce qu'elles servent d'abord à réjouir celui ou celle qui les prononce.
On assiste à une jouissance égocentrique du second degré: c'est à qui renchérira mieux sur son homologue, pour reculer plus loin les limites de ce qui peut devenir un sujet du rire, et cette mise en scène de soi, cette autosuffisance de l'humour vache, ressemble à un concours de courtisans à la cour de Louis XIV, ormis que le roi soleil est l'ego de chacun et que cette course vers le sommet s'achève le plus souvent dans les bourbes de la vanité.

Il est un fait que Desproges avait le second degré utile, en dénonçant et en critiquant nos travers. Chacune de ses infaillibles réparties, s'inscrit dans la tradition de la comédie et du rire, que l'on trouve ainsi définie par Molière dans la préface de Tartuffe "l'emploi de la comédie est de corriger les vices des hommes". Mais lorsque j'entends ou lis quelques vitupérations qui s'enrubannent de second degré, je n'y trouve bien souvent que de l'autocongratulation.
Et c'est précisément ce qui m'interroge.

Il me semble que l'emploi fréquent du second degré en matière d'humour est d'abord une manière de gagner de la considération et de l'estime de soi. En croyant faire un mot d'esprit singlant, on se distingue, on sort du lot, on existe. Ce qui a pour conséquence d'entraîner les autres à relever le gant en cherchant à faire mieux, pour pouvoir bouloter également une part du gâteau de la reconnaissance sociale.

Les effets de cette surenchère sont désastreux, et pas seulement parce qu'ils appauvrissent l'humour.
D'abord ils abolissent toute notion de limite. Ensuite ils sont un refuge commode pour se dédouaner de ses responsabilités quant au contenu et au sens des énoncés prononcés ou écrits. Enfin ils deviennent un piège d'hermétisme qui annihile toute possibilté de communication et qui fabrique du repli sur soi et de la vanité.
Nous avons récemment entendu et lu les propos d'un certain ministre Hortefeux qui s'est réfugié derrière une plaisanterie douteuse "du second degré", pour masquer son labsus raciste. Dans la même veine, Frêche s'octroie des sorties indignes d'un homme public, qui sont jugées par ses soutiens comme "un mauvais procés" à son tempérament d'homme du sud et à son goût du "second degré".

Sous couvert de second degré, on peut donc rire de tout et de n'importe quoi, il n'y a plus de limites. On peut revendiquer d'être plus "bête" que "méchant". On peut imputer aux autres la mauvaise foi de ne pas avoir d'humour et de ne pas comprendre ce second degré tellement hilarant. On peut même leur démontrer par A+B qu'on ne pense pas vraiment ce que l'on a dit, une fois qu'on l'a dit, et que, parce qu'il l'ont mal compris la première fois, on va leur expliquer une seconde fois. C'est un peu comme lorsque Fillon nous explique qu'il faut de la pédagogie pour que les français comprennent que le gouvernement ne pratique pas des régressions sociales mais des réformes nécessaires pour aller de l'avant.
Et oui, celui qui ne pige pas le "second degré" est un peu un con.

Le second degré est pratique pour balancer des blagues sur les homosexuels ou sur les femmes. Comme c'est du second degré, ce n'est pas grave puisque qu'on ne pense pas vraiment ce qu'on dit n'est-ce pas? On n'est pas homophobe. On n'est pas machiste, bien sûr. Mais on s'autorise des blagues de ce type, on les prononce, elles sont dans la bouche, on dit ces mots, parfois on les écrit. Et les écrits, ça reste, quel que soit le support.
On fait ces blagues et on se comporte exactement comme ceux à qui on ne veut pas ressembler, ceux que l'on croit singer et critiquer.

Desproges, lui, ne s'est jamais comporté, dans sa vie ou dans ses écrits, comme ceux qu'il fustigeait sur scène, ceux dont il nous montrait la pitoyable horreur humaine en empruntant les stéréotypes de leur langage et de leur pensée. Il ne se prenait pas au sérieux et ne s'accordait pas d'importance. De plus son talent d'homme de scène et son intelligence d'auteur, construisaient une situation de communication qui nous permettait de comprendre le second degré de son humour noir, et de lire le véritable sens de ses propos: une satire humaine, visant à remettre en question nos attitudes et nos certitudes.
Aussi, quand j'entends ou que je lis autour de moi, des crétineries avariées qui se revendiquent d'humour au "second degré", je me dis que M Desproges avait raison finalement. On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Encore faut-il que celui qui cherche à faire rire le fasse avec intelligence et modestie .

lundi 8 février 2010

Botul 1 - BHL 0

Consciente que vous aurez sans doute déjà pris connaissance de cette fable contemporaine, je ne peux tout de même m'empêcher de la relater, tellement la lecture de cette dernière info avant d'aller faire la planche (le meilleur moment de la journée n'est-il pas ?!) m'a faite ricaner devant mon écran.

C'est donc l'histoire de BHL qui sort un bouquin dans lequel il cite un philosophe qui n'existe pas : "Jean-Baptiste Botul l'inventeur du botulisme". Pourtant on en parle tellement du botox, issu de la toxine botulique, que ça aurait du lui mettre la puce à l'oreille. Pour une fois wikipédia aurait pu être utile à la connaissance ...
BHL s'est fait avoir par un faux-philosophe plus vrai que lui ...

samedi 30 janvier 2010

Aimez Anouk!

Une découverte grâce à mon ami de blog Kolia (j'en recommande en passant la lecture et sans modération): c'est le travail et les albums d'Anouk Ricard.

Vous pouvez visiter son blog et découvrir ses rendez-vous au festival BD d'Angoulême ce week-end. Vous pouvez aussi découvrir son site, ses travaux et de la musique.
J'aime beaucoup son style de dessin ( ça me fait un tout petit peu penser aux amoureux de Peynet, non?), original et frais, c'est différent, ça me donne envie de découvrir ses publications.
A bientôt...

vendredi 8 janvier 2010

La bananée

Bananée avec un peu de retard (mais nous sommes overbookées, héééé oui, sauver le monde et changer la vie ça prend du temps) à tous ceux qui passent par ici par hasard et laissent un p'tit signe, à tous ceux qui lisent régulièrement et commentent sans faillir le moindre pétard commis par notre duo, à tous les copains et les copines de blog que j'ai découvert depuis trois ans et que j'apprécie toujours autant voire même plus au fil des années (vous êtes supers, même si je ne vous connais que d'écriture), aux anonymes et aux fans, aux potes et à la familia, à celui qui est devenu "my one my last my every thing", à ma frangine-mon alliée-mon alter ego, à tous les gens qui restent combatifs, originaux, pas résignés, croquant la vie à pleines dents tant qu'il en reste, à tous les joyeux lurons et drilles qui préfèrent en rire et s'en moquer plutôt que de se pétrifier dans le sérieux morose d'une époque en toc, à tous les révoltés qui préfèrent que le rêve dévore leur vie plutôt que la vie dévore leurs rêves (spéciale dédicace à Emilie Jolie), à tous ceux qui sentent fraternels au-delà des identités, au-delà des nations, au-delà des visions rétrécies de nos humanités.
Ce n'est qu'un début et on continue!
Bises!

jeudi 17 décembre 2009

J'aurais juste le temps de m'énerver deux minutes

... et de passer pour un petit merdeux qui fout la pagaille partout!



Mais c'est ça qu'on aime, parce que parfois la colère est saine et justifiée.
Daniel, bientôt 24 ans que personne n'a pris le relais de son franc-parler, et franchement ça manque. Pour moi, ça reste un mec qui en avait et qui allait au charbon, mouiller le maillot.
Et j'ai suivi récemment une émisssion qui expliquait comment ce coup de gueule a fortement influencé Mitterrand pour la campagne de 1981... Faut pas croire, mais ça a été quelque chose 1981, les radios libres etc.... et on le doit à des gens qui à un moment ont poussé une bonne gueulante.
Maintenant on a le clip UMP pour changer le monde, sauver l'amour, tout ça....